Exili voulut s'élancer; mais ses membres, encore engourdis par sa terrible expérience, trahirent sa volonté.
Olivier le reçut chancelant dans ses bras, et le tint embrassé dans une longue étreinte; puis, le soulevant comme un enfant, il le déposa doucement étendu sur les coussins d'une dormeuse.
A ce moment, le regard d'Exili rencontra celui de Cosimo, debout sur le seuil de la porte, dans une attitude respectueuse.
—Et toi, mon vieil ami, ne viendras-tu pas m'embrasser aussi?
—Monsieur le marquis est toujours généreux, répondit Cosimo en s'agenouillant pour recevoir l'accolade de son ancien maître.
—Lequel est aujourd'hui l'obligé de l'autre? dit Exili avec un sourire lumineux, qui éclaira une seconde sa physionomie sévère, avant de s'éteindre comme un éclair fugitif.
—Je vous dois tout, maître, et vous ne me devez rien.
—Ne l'écoutez pas, mon père, interrompit Olivier avec sa vivacité juvénile. Sans lui, j'aurais tout compromis par ma folle précipitation.
—C'est la vertu de ton âge, mon fils.
—Mon imprudence irréfléchie a failli tout perdre; mais j'espère que cette leçon suffira et je me sens maître de moi comme de ma pensée.