Exili le vida d'un seul trait.
Au bout d'une minute, ses membres raidis recouvrèrent leur souplesse et leur élasticité, son visage prit une teinte chaude et vermeille, un sourire voltigea sur ses lèvres, et son œil étincela de l'insupportable éclat d'un diamant noir.
—Je sens la vie qui me redonne son étreinte.
Qu'en dis-tu, Cosimo? ajouta-t-il en se dressant devant lui, comme sous la pression d'un ressort caché, et en posant la main sur son épaule.
—Je dis que vous voilà jeune jusqu'à ce soir.
—Il s'agit maintenant de m'habiller.
—Ce n'est pas difficile, et nous avons songé à cela.
En un tour de main, Cosimo revêtit son maître d'une chemise de batiste à manchettes de dentelle, d'un justaucorps et d'un haut-de-chausses en velours noir, agrémentés de rubans et d'aiguillettes en satin bleu de ciel. Des bas de soie noire et des souliers à hauts talons rouges complétèrent ce costume élégant et sévère.
La toilette de son maître achevée, il se mit en devoir de raser ses cheveux, qui tombaient sur ses épaules, puis sa longue barbe noire, qui descendait jusqu'à la ceinture, à l'exception de la moustache, fine et soyeuse comme celle d'un adulte.
Cette double opération terminée, il posa sur sa tête nue une perruque bouclée, sur la perruque un chapeau à plumes, lui présenta une canne d'ébène à pomme d'ivoire, et recula d'un pas, comme un artiste en face de son œuvre.