—Eh quoi! reprit la marquise, rien encore?

—Rien!

—Et vous dites que, loin de moi, les heures vous semblent lentes à mourir, que vos jours s'écoulent tristes et sans but!

Et nous avons de par le monde un enfant, un fils, et vous ne pouvez apprendre à sa mère ce qu'il est devenu, et je ne sais si je dois pleurer sa mort ou pleurer son existence!

Ah! si j'étais un homme!

—Madeleine, je vous en prie, ne m'accablez pas! Tout ce qu'il est possible humainement de faire, ne l'ai-je donc pas fait?

—Tout! vous dites que vous avez tout tenté! Mais savez-vous ce que je ferais, moi, si j'étais libre? J'irais de ville en ville, de hameau en hameau; je frapperais à toutes les portes, je pénétrerais dans toutes les maisons, je m'adresserais à toutes les mères et je découvrirais sa demeure, allez, pour le presser sur mon cœur, ou bien je trouverais sa tombe pour y aller pleurer...

—Mais vous me torturez, Madeleine! que vous ai-je donc fait?

—Ah! continua la marquise, vous ne l'aimez pas, cet enfant, dont la naissance a été une honte!

Pensez-vous quelquefois à ce qu'il peut faire à cette heure?