«Henri.»

Pourquoi faut-il, hélas! que ces tendres expressions se retrouvent dans toutes les lettres de Henri IV! le roi galant ne change que les noms: c'est cette pauvre Fosseuse ou Corisandre, Gabrielle ou la fière Henriette d'Entragues, ritournelle d'amour qui sert d'ouverture à toutes les mélodies de la passion.

Au moment où nous sommes arrivés, l'étoile de la belle Gabrielle est au zénith. La séduisante maîtresse de Henri IV a déjà le pied sur la première marche du trône; quelques jours encore,

Et le roi va poser la couronne à son front.

Après quatre ans d'une union qui avait surmonté toutes les traverses, Gabrielle avait reçu du roi le titre de duchesse de Beaufort. Elle lui avait donné deux nouveaux enfants, Catherine-Henriette, et Alexandre de Vendôme, dont on célébra le baptême avec autant de pompe et d'éclat que s'il eût été fils de France.

Ce baptême fut la première cause des discordes de Sully et de la belle Gabrielle, qui bientôt devaient s'envenimer de tous les rapports des courtisans.

Un instant, pressée par ses amis, Gabrielle eut l'idée de renverser le ministre qu'elle avait protégé; elle y eût perdu son temps et ses peines.

Les historiens de Henri IV lui prêtent un mot superbe.

—Je ne sais comment, Sire, vous préférez un valet à une amie, avait dit Gabrielle.

—Je retrouverais plus facilement vingt maîtresses comme vous qu'un ministre comme lui, aurait répondu le roi.