A chaque nom nouveau, Henri IV secouait la tête.
—Ce n'est point encore mon affaire.
—Cherchons, Sire. Mais je ne vois plus qu'un moyen. Donnez rendez-vous dans la cour de votre Louvre à toutes les jolies filles de France de dix-sept à vingt-cinq ans, vous choisirez.
—Eh bien! non, dit le roi impatienté de la mauvaise volonté de son ministre, nous n'avons que faire de chercher. N'ai-je pas la duchesse de Beaufort?
Le grand mot était lâché. Sully poussa les hauts cris. Mais le roi tenait ferme à son idée. Il y eut des démarches faites à Rome d'abord, puis près de madame Marguerite, afin d'obtenir la liberté du roi.
Le Vatican la marchanda longtemps. Marguerite de Valois déclara qu'elle ne s'y prêterait jamais et que ce n'était pas pour «l'ancienne maîtresse du duc de Bellegarde, l'épouse déshonorée de Liancourt, qu'elle consentirait à briser son union avec Henri IV.»
Les négociations se poursuivirent néanmoins, et une nouvelle complication, le projet de mariage du roi et de Marie de Médicis, vint ajouter aux embarras déjà très-grands et très-réels de la cour de France.
Les choses en étaient à ce point, lorsque, comme un coup de foudre, parvint au roi la nouvelle de la mort de Gabrielle.
Quelques détails sur cette fin si prématurée.
On était alors dans la semaine sainte. Madame de Beaufort, enceinte de quatre mois, se rendit à Paris pour faire ses pâques dans cette ville, «afin de se faire voir bonne catholique au peuple qui ne la croyait pas telle.» Gabrielle descendit chez Zamet, ce fameux seigneur de dix-sept cent mille écus qui prêtait à Henri IV pour ses petites parties le magnifique hôtel qu'il avait fait construire.