Et il continua d'entourer de ses galantes prévenances la reine Marie, qui l'accueillait et lui faisait fête d'une façon vraiment inquiétante pour l'honneur du vieux roi, et si ouvertement que chacun à la cour s'en apercevait.
C'est alors qu'intervinrent Louise de Savoie et Claude de France, la mère et la femme du jeune prince.
Leurs exhortations réveillèrent l'ambition dans le coeur de l'héritier de la couronne; ses yeux se dessillèrent, l'illusion s'envola.
Il avait été l'amant de Marie, il devint presque son espion, tant il craignait de voir un autre que lui se charger du soin de donner un fils à Louis XII.
La reine était devenue l'objet d'une surveillance incommode pour ses goûts, lorsque la mort du roi la délivra de tous ces argus intéressés; elle épousa le duc de Suffolk, son ancien amant, qui l'avait suivie en France, et retourna avec lui en Angleterre.
Devenu roi, peut-être pour avoir une fois en sa vie su commander à ses désirs, François ne changea point ses habitudes galantes.
La cour était toujours accompagnée d'une troupe nombreuse de dames: c'étaient d'abord les maîtresses avouées du roi, elles avaient le pas sur toutes les autres; puis les princesses; les femmes des grands dignitaires, des favoris et des principaux officiers venaient ensuite.
Il y avait encore, au dire de Brantôme, la petite bande, troupe galante, choisie par le roi parmi les plus belles, les plus jeunes, les plus coquettes. Au dessus de toutes les autres, les dames de cette aimable confrérie étaient les favorites de François Ier, souvent avec elles il quittait la cour et se retirait, pour des semaines entières, quelquefois plus, suivant son humeur, dans quelqu'une des résidences royales. «Là, on courait le cerf, on dansait, on festoyait du matin au soir et du soir au matin.»
«Libre, jeune, tout-puissant, le roi aimait fort et trop; il allait, sans différence, embrassant qui l'une, qui l'autre, si bien que celle de la veille n'était jamais celle du lendemain.»
Le nombre même des maîtresses du roi leur ôtait toute influence durable, et les choses continuèrent ainsi jusqu'au jour où, pour la première fois, il aperçut la belle Françoise de Foix, comtesse de Chateaubriant.