«Quant le roy eut receu le tout, et lingots et propos de cette dame, il ne fit autre chose sinon:

«—Retournez-luy le tout; ce que j'en faisais ce n'était point pour la valeur, car je lui eusse rendeu deux fois plus, mais pour l'amour des devises; mais puisqu'elle les a fait ainsi perdre, je ne veux point de l'or et le luy renvoye. Elle a monstré en cela plus de courage et générosité que n'eusse pensé pouvoir provenir d'une femme.»

Et Brantôme ajoute en manière de moralité:

«Un coeur de femme généreuse dépité et ainsi dédaigné fait de grandes choses.»

Délaissée par le roi, persécutée par la reine mère qui voyait en elle une ancienne rivale de puissance et protégeait mademoiselle de Heilly, la belle, la tant aimée comtesse de Chateaubriant dut se résigner à quitter cette cour qui déjà l'avait oubliée pour la nouvelle favorite.

Elle ne songea plus qu'à rentrer en grâce près de son mari, homme infortuné qu'elle avait outragé dans ses affections les plus saintes. Elle connaissait le sire de Laval, elle espérait qu'à l'ardent amour qu'il avait jadis pour elle avait succédé un peu de pitié.

Elle partit donc pour la Bretagne.

Que de fois, le long de ce douloureux voyage, incertaine du sort qui l'attendait, elle répéta les derniers vers de son horoscope:

Du fait du roi aura grand heur,
Las! puis grand malheur!

Ici le roman prend la place de l'histoire.