Peu satisfait, sans doute, du vulgaire dénouement des amours de la belle maîtresse de François Ier, l'historien Varillas a jugé convenable d'y substituer un drame lugubre qui fait plus d'honneur à son imagination qu'à son amour pour la vérité.

Mainte fois répétée, amplifiée, tantôt en vers, tantôt en prose, la légende de Varillas a fini par prendre assez de consistance pour qu'il soit nécessaire de la mentionner, ne fût-ce que pour en démontrer l'invraisemblance.

Voici donc la tragique histoire qu'avec le plus beau sang-froid du monde raconte cet historien de François Ier.

Par une triste soirée d'hiver, une femme suivie d'un petit nombre de serviteurs vint frapper à la porte du manoir de Combourg; les domestiques se hâtèrent d'ouvrir.

Alors cette femme, qui n'était autre que la belle Françoise, insista pour voir, sur l'heure, le sire de Laval.

Le comte de Chateaubriant, prévenu, parut presqu'aussitôt.

En reconnaissant sa femme, il ne témoigna aucune surprise, son pâle visage ne trahit pas la plus légère émotion.

—Je vous attendais, madame, dit-il, et j'ai fait préparer votre appartement, vous êtes ici chez vous.

Offrant alors la main à la comtesse toute frissonnante devant ce calme impitoyable, il la conduisit à la chambre qui avait autrefois été leur chambre nuptiale.

—Voici, madame, dit-il, quelle sera désormais votre demeure.