Et il sortit implacable et froid comme la vengeance.

La comtesse était tombée évanouie sur le carreau, à l'aspect de la demeure que lui réservait son mari, et certes il y avait de quoi.

Aux riches tapisseries de l'appartement, on avait substitué des draperies noires, le lit était tendu de noir; les fenêtres avaient été murées, et une petite lampe d'église suspendue à une des poutres du plafond jetait seule quelques lueurs blafardes dans ce morne intérieur.

La comtesse vécut dix mois dans ce sépulcre, et chaque jour son mari venait se repaître de sa douleur et de ses larmes.

Lorsque parfois elle se jetait à ses genoux et les mains jointes lui demandait grâce:

—Avez-vous eu pitié de moi, répondait-il, lorsque vous m'avez abandonné, épouse déloyale, pour suivre votre amant?

D'autres fois l'infortunée comtesse suppliait ce barbare de lui permettre de revoir une fois encore la lumière du jour, de respirer, ne fût-ce qu'un instant, l'air pur du dehors.

Alors avec un rire effrayant il disait:

—Pourquoi le roi François, qui vous aimait tant, ne vient-il pas vous arracher à ce sépulcre? Où donc sont les belles fêtes de la cour? Que sont devenus vos amants? Pensez-vous que Clément Marot fasse encore des vers à votre louange?

Enfin, au bout du dixième mois, le comte, trouvant que sa femme ne mourait pas assez vite, pénétra un jour dans la chambre tendue de noir, avec six hommes masqués et deux chirurgiens.