—J'ai assez d'expérience, monsieur, répondit-il, pour être certain que jamais vous ne consentiriez à sacrifier votre fille à votre salut.
—Mais alors...
—Vous vous êtes mépris, monsieur le comte, sur le mobile du mes clients. Ils vous menacent, c'est vrai, mais c'est à M. de Breulh qu'ils en veulent. Ils ont juré qu'il n'épouserait pas une jeune fille qui aura près d'un million de dot. Leurs procédés à votre égard sont ceux de misérables, leur but pourrait presque s'avouer.
Tel était l'étonnement de M. de Mussidan, que, sans y prendre garde, il donna une apparence toute nouvelle à l'entretien.
Il résistait encore, mais sans passion. Il répondait bien plutôt aux objections de son esprit qu'à son interlocuteur.
—M. de Breulh a ma parole, dit-il.
—Un prétexte n'est pas difficile à trouver.
—La comtesse de Mussidan tient beaucoup à ce mariage. Elle en parle sans cesse, je trouverai de ce côté bien des obstacles.
Le placeur jugea sage de ne pas répondre.
—Enfin, continua le comte, je crains que ma fille ne ressente un grand chagrin de cette rupture.