Selon sa coutume après chaque consultation, il venait crier dans son «purgatoire»:
—A qui le tour?
Mais à la vue du jeune M. Gaston, sa physionomie changea, et c'est le sourire le plus engageant aux lèvres qu'il fit passer les deux jeunes gens, écartant d'un geste impérieux la patiente dont c'était le tour, et qui protestait contre le passe-droit.
—Sans doute, dit-il, d'un ton bonhomme, à M. Gandelu fils, vous venez me commander quelque surprise pour la délicieuse Zora de Chantemille?...
Affreuse ironie!... l'intelligent jeune homme poussa un soupir à fendre l'âme.
—Pas pour le moment!... répondit-il... Zora est un peu souffrante...
Mais André, qui avait arrangé la petite histoire à conter au couturier des reines, était trop pressé pour laisser consumer le temps en parlages inutiles.
—Nous venons, monsieur, interrompit-il, pour une affaire plus sérieuse. Mon ami, M. Gaston, va quitter Paris pour plusieurs mois, et il désire, avant de s'éloigner, retirer sa signature de la circulation. Il y tient d'autant plus que son père serait fort mécontent s'il apprenait qu'il a souscrit des billets...
—Je conçois cela.
—Eh bien!... monsieur, vous pouvez lui être fort utile.