—Tenez, monsieur, prononça-t-il enfin d'un ton délibéré de l'homme dont le parti est pris, je renonce à lutter. Vous me tenez... autant m'avouer vaincu. Si exhorbitantes que soient vos conditions, je les accepte.
—A la bonne heure, murmura le doux Tantaine, voilà qui est parler.
—Seulement, expliquons-nous franchement, sans réticences... Au point où nous en sommes, nous ne pouvons plus espérer nous en imposer... Les artifices sont donc inutiles.
—Oh!... absolument.
—Alors, reprit le comte, dont l'œil brilla d'une lueur d'espoir, pourquoi me parler encore d'accorder la main de ma fille à M. de Croisenois? Le prétexte est désormais inutile. Que voulez-vous, en réalité? les six cent mille francs que je dois donner en signant le contrat, n'est-ce pas? Eh bien!... prenez-les, et laissez-moi Sabine. Je vous offre la dot sans la fille, c'est tout bénéfice...
Il s'arrêta, épiant anxieusement l'effet de cette proposition. Il la croyait irrésistible, il se trompait.
—Ce ne serait plus la même chose, répondit le bonhomme, notre but, de cette façon ne serait pas rempli.
—Je puis sacrifier davantage. Accordez-moi un mois... En ce temps, je me fais fort, le Crédit-Foncier et mes amis aidant, de réunir un million... je dis bien: un million!... cinquante mille livres de rentes...
Mais l'énormité de la somme ne parut produire aucune impression sur ce vieux, d'apparence si minable, pourtant, qu'on lui eut donné deux sous dans la rue.
—En vérité, fit-il, monsieur le comte m'afflige... J'ai cependant eu l'honneur de lui dire que nos conditions sont définitives... irrévocables...