André s'approcha du cadre, et déjà il touchait le rideau, quand, tout à coup, se ravisant, il se retourna.

—Eh bien!... non, s'écria-t-il, non, continuer cette comédie serait indigne de moi.

M. de Mussidan pâlit. Ce mot pouvait avoir une terrible signification.

—Que voulez-vous dire? balbutia-t-il.

—Que je vous connaissais, monsieur, que je savais que je parlais au comte de Mussidan et non au marquis de Bivron. Je ne découvrirai pas ce tableau sans vous avoir prévenu, sans vous avoir dit...

D'un geste bienveillant, le comte l'empêcha d'achever.

—Je sais, monsieur, prononça-t-il, que je vais voir le portrait de Sabine, découvrez-le, je vous prie.

Le jeune peintre obéit, et pendant un moment M. de Mussidan demeura en extase devant cette œuvre véritablement remarquable.

—Oui, c'est bien elle, murmura-t-il, voilà bien son sourire, l'expression de ses yeux... c'est beau!

Il prononça encore quelques mots à voix basse; puis lentement, il alla s'asseoir dans le fauteuil du jeune peintre et parut se recueillir.