Le malheur est un rude maître. Quelques semaines plus tôt, il eût souri et haussé les épaules à la proposition de donner sa fille à ce petit peintre. Alors il songeait à M. de Breulh-Faverlay.

A cette heure, il eût reçu comme une faveur céleste la liberté de choisir André pour Sabine. C'est qu'il pensait à Croisenois.

A ce nom maudit qui montait à ses lèvres, le comte tressaillit.

Pour qu'André montrât une telle assurance, il fallait, pensait-il qu'il n'eût pas été informé des derniers événement.

Il interrogea et fut détrompé.

Sûr d'avoir gagné sa cause, le jeune peintre osa dire à M. de Mussidan tout ce qu'il savait, comment et par qui il l'avait su, l'empressement à le servir de M. de Breulh, quel rôle avait accepté la vicomtesse de Bois-d'Ardon; enfin, ses conjectures, ses démarches, ses investigations, ses présages de succès, ses projets, ses espérances...

Il s'exprimait avec une véhémence extraordinaire, son énergie débordait, l'enthousiasme donnait à son regard une expression sublime, et sa parole enflammée rallumait dans le cœur du comte l'espoir près de s'éteindre.