Elle est à moi!... s'écriait-il dans son délire, Sabine est à moi!...
Mais cet accès d'enchantement et d'optimisme dura peu.
Le mirage s'évanouit faisant place au vif sentiment de la réalité.
Oui, Sabine serait à lui... mais quand il aurait su la conquérir. Entre elle et lui se dressaient Croisenois et ses associés. Il se sentait de force à se mesurer seul avec eux tous, mais encore fallait-il les atteindre et les combattre.
—A l'œuvre!... s'écria-t-il en se levant, à l'œuvre!...
Mais il s'arrêta, prêtant l'oreille.
Il entendait dans son escalier, presque sur son palier, des éclats de rire immodérés. Au-dessus de ce rire qui était celui d'une femme, une voix d'homme grêle et aigre s'élevait, qui paraissait gronder.
André n'eût pas le temps de se demander ce que ce pouvait être, sa porte fut comme enfoncée, et un tourbillon de soie, de velours et de dentelles fit irruption dans l'atelier.
En ce tourbillon, le jeune peintre reconnut, non sans stupeur, la belle Rose-Zora de Chantemille.
Derrière elle venait le jeune M. Gaston, et ce fut lui qui prit la parole.