Cette fois, André ne fut pas pris à l'improviste. Il pressentait qu'il allait être question de l'honorable placeur.

Mais son esprit s'épouvantait des proportions que prenait l'intrigue qu'il avait à déjouer. Car il n'en doutait pas: toutes ces manœuvres qu'il découvrait une à une, devaient tendre à un but commun.

André se souvenait, à cette heure, de cette visite que lui avait fait Paul, un jour, sous prétexte de lui remettre vingt francs, et de l'air singulier qu'il avait. Il se rappelait que Paul s'était vanté de gagner un millier de francs par mois, et qu'il n'avait pas su dire où ni à quoi.

—Paul m'a peut-être oubliée, reprit Rose, je le crains. Une fois je l'ai rencontré chez Van Klopen, et il ne m'a rien dit. Il est vrai qu'il était avec ce Mascarot. Mais n'importe, je suis décidée à le chercher, et à lui demander pardon, et il me pardonnera...

De tout ceci, une conclusion très nette ressortait.

Paul était protégé par l'association... donc il lui était utile, il la servait. Rose était persécutée, donc elle gênait.

Voilà ce que pensait André.

—Et même, ajoutait-il, si Catenac a fait enfermer Rose, c'est que les misérables ont quelque chose à craindre d'elle. S'ils ont essayé de la faire disparaître, c'est que sa seule présence peut déranger leurs combinaisons...

Mais il n'eût pas le temps de poursuivre sa déduction. Le fausset du jeune M. Gaston grinçait dans l'escalier. Bientôt il apparut criant:

—Place au festin!... Que la fête commence!...