M. Benoît hocha la tête d'un air grave.

—Je ne dis ni oui ni non, répondit-il, on ne peut pas savoir. Souvent ce qui paraît bon n'est pas bon, et ce qui semble mauvais n'est pas mauvais...

Celui-là était un homme prudent qui, ayant beaucoup vu et beaucoup retenu, ne jugeait pas à la légère et ne se compromettait jamais.

—Mais, reprit-il, puisque votre marquis sort, M. Morel va être libre, lui, et il me fera ma petite partie de piquet.

No, sir, répondit le valet de chambre du marquis.

—Quoi, vous êtes pris, vous aussi.

Yes, sir, je vais passer des gants blancs, et aller porter une hottée de fleurs: lilas, violettes et camélias blancs, à la future de monsieur le marquis. Car monsieur le marquis se marie, je puis le dire puisque la nouvelle est officielle. Beau mariage, d'ailleurs, grande famille, dot magnifique! J'ai vu la jeune personne, elle est un peu pimbèche, nonobstant, elle ne me déplaît pas.

C'était de Sabine que ce drôle à cravate outrageusement empesée se permettait de parler ainsi.

Certes, il n'était pour rien dans les intrigues de Croisenois, mais il était chargé de porter un bouquet chez M. de Mussidan, il verrait peut-être Sabine; André eut comme une idée de l'étrangler.

—Gageons, disait pendant ce temps le cocher, la bouche pleine, gageons que monsieur le marquis n'emploie pas la dot de sa femme à acheter de ses actions!...