—Monsieur, dit-il sans préambule à André, vous connaissez les raisons qui m'amènent. Vous savez qui vous êtes et qui je suis.
André inclina la tête affirmativement.
—Monsieur que voici, poursuivit le duc, en montrant M. Lecoq, vous a appris en quelles circonstances déplorables je me suis séparé de vous qui êtes mon fils. Je ne chercherai pas à m'excuser... J'ai d'ailleurs cruellement expié ce crime. Regardez-moi... je n'ai pas quarante-huit ans.
On lui en eût donné soixante, au moins, et André put se faire une idée de ce que cet homme, qui était son père, avait dû souffrir.
—Et la faute me poursuit, continua-t-il. Aujourd'hui, lorsque ce serait mon vœu le plus cher, je ne puis vous reconnaître pour mon fils. La loi ne me laisse pour vous assurer ma fortune et mon nom qu'un expédient: l'adoption.
Le jeune peintre se taisait. M. de Champdoce reprit avec une visible hésitation:
—Vous pouvez, je le sais, m'intenter un procès en restitution d'état; mais, en ce cas, il faudra que je dise, que j'avoue...
—Eh! monsieur... interrompit André, quels sentiments me supposez-vous donc?... Quoi!... avant de reprendre votre nom qui est le mien, je le déshonorerais!...
Le duc respira. L'accueil d'André l'avait glacé. Quelle différence entre cette réserve hautaine et la scène pathétique jouée par Paul le jour précédent.
—Cependant, monsieur le duc, reprit André, je vous demanderai, avant tout, la permission de vous présenter quelques... observations.