—Des observations?...

—Oui, monsieur, je n'ai pas osé dire: conditions; mais vous allez me comprendre. Par exemple, je n'ai jamais eu de maître. Mon indépendance m'a coûté assez cher pour que j'y tienne. Je suis peintre, pour rien au monde je ne renoncerai à la peinture.

—Vous serez toujours votre maître, monsieur.

Comme son père, l'instant d'avant, le jeune peintre hésitait; il était devenu fort rouge.

—Ce n'est pas tout, reprit-il; j'aime une jeune fille dont je suis aimé, notre mariage est arrêté, et je pense...

—Je pense, fit vivement le duc, que vous ne pouvez aimer qu'une femme digne de notre maison.

A cette réponse, un triste sourire plissa les lèvres d'André.

—Je n'étais rien hier, répondit-il doucement. Mais rassurez-vous, monsieur, elle est digne d'un Champdoce, et par sa fortune et par son nom. Selon les conventions sociales elle était placée bien au-dessus de moi. Celle que je... veux épouser est la fille de comte de Mussidan.

M. de Champdoce, en entendant ce nom, devint livide.

—Jamais! s'écria-t-il, jamais! J'aimerais mieux vous savoir mort, que le mari de Mlle de Mussidan.