—Et moi, monsieur, je souffrirais mille morts plutôt que de renoncer à elle.
—Si je vous refusais mon consentement, cependant, si je vous défendais...
André hocha tristement la tête.
—Vous n'avez rien à me refuser, monsieur le duc, prononça-t-il, rien à me défendre. L'autorité paternelle, monsieur, s'achète par des années de dévouement et de protection. Vous ne m'avez rien donné, je ne vous dois rien. Oubliez-moi comme vous m'avez oublié jusqu'ici... passez votre chemin, je poursuivrai le mien.
Le duc de Champdoce gardait le silence. Un affreux combat se livrait en lui.
Il lui fallait, il ne le comprenait que trop, ou renoncer à ce fils miraculeusement retrouvé, ou le voir le mari de Mlle de Mussidan... Ces deux alternatives lui paraissaient également horribles.
—Jamais, murmura-t-il, la comtesse ne consentira à ce mariage. Elle me hait autant que je la hais moi-même...
M. Lecoq, muet témoin de cette scène, jugea le moment venu d'intervenir. Il s'avança au milieu de la salle et regardant avec assurance tous les témoins de cette scène:
—Je me fais fort, prononça-t-il, d'obtenir le consentement de Mme de Mussidan.
Le duc ne résista plus, il était vaincu. Il ouvrit les bras à André en disant: