—Assez!... prononça Catenac, je me rends.

—B. Mascarot, comme toujours au moment décisif, ajusta ses lunettes.

—Toi, dit-il, te rendre... Pas encore. En ce moment tu cherches à parer le coup que je te porte.

—Je t'assure...

—Épargne-toi cette peine. Ton jardinier ne trouverait rien.

L'avocat eut une exclamation de rage. Il commençait à comprendre dans quel horrible piège il était tombé.

—Il ne trouverait rien, reprit le placeur. Et pourtant il est bien vrai, n'est-ce pas, qu'au mois de janvier de l'année dernière, une nuit, tu as creusé là un trou et que dans ce trou tu as déposé le corps d'un enfant roulé dans un châle... Et quel châle!... celui-là même que toi, Catenac, pour hâter la défaite de la mère, tu étais allé acheter à Pygmalion: les commis en témoigneraient, s'il le fallait. Maintenant, tu peux chercher, tu ne trouveras rien...

—Et c'est toi, c'est toi qui as enlevé...

—Non, interrompit le placeur du ton le plus ironique, c'est Tantaine. Que veux-tu? je suis prudent. Je sais où est le cadavre, comme on dit vulgairement, et tu ne le sais pas. Mais sois tranquille, il n'est pas perdu. Il est en bon lieu. Une seule tentative de trahison, et le lendemain tu liras dans le Petit Journal, à l'article Paris: «Hier, des terrassiers qui travaillaient à tel endroit, ont découvert le cadavre d'un nouveau-né. Le commissaire de police, aussitôt prévenu, s'est transporté sur le terrain et a commencé une enquête...» Tu lirais cela, et tu me connais assez pour être persuadé d'avance que l'enquête aboutirait. Tu devines bien qu'au châle de cette pauvre Clarisse, j'ai ajouté assez d'indices pour qu'on puisse aisément remonter jusqu'au coupable... jusqu'à toi.