A la colère de Catenac avais succédé une affreuse prostration. Cet homme, que rien n'aurait dû surprendre ni étonner, était assommé et paraissait avoir perdu la faculté de réfléchir et de délibérer.

Son désespoir s'échappait en paroles incohérentes, et il laissait voir sa souffrance, comme s'il eût espéré toucher ses implacables associés.

—Vous m'assassinez, murmurait-il, vous me tuez au moment où j'allais recueillir le prix de vingt années de travaux et de privations.

—Travaux est joli! observa le docteur.

Mais l'heure pressait; d'un instant à l'autre, Paul et le marquis de Croisenois pouvaient arriver. B. Mascarot comprit combien il était important de remonter le moral de son associé.

—Voyons, reprit-il, tu cries comme si nous voulions t'égorger. A quoi bon? Nous supposes-tu assez niais pour nous exposer sans des certitudes presque absolues de succès? Hortebize, tout comme toi, s'est cabré quand je lui ai parlé de la grande opération. Je la lui ai expliquée, et maintenant il approuve.

—C'est exact, déclara Hortebize.

—Donc, reprit le placeur, tu n'as, pour ainsi dire, rien à craindre. Tu es, nous en sommes convaincus, trop beau joueur pour nous garder rancune...

Catenac eut un sourire forcé.

—Je ne vous en veux pas, répondit-il; parle, j'obéirai.