—Oui, c'est une idée. Ta voiture est à la porte, n'est-ce pas?... Tu es médecin, on te laissera voir Sabine.
Le docteur se hâtait de passer les manches de son pardessus, B. Mascarot l'arrêta.
—Inutile, fit-il, reste. J'ai réfléchi. Ni toi, ni moi ne pouvons nous montrer dans cette maison. Ce sont nos mines, docteur, qui éclatent. Elles étaient trop chargées... Il y aura eu, vois-tu, une explication entre le comte et la comtesse, et entre deux colères la fille aura été brisée...
—Alors, comment savoir...
—Je vais courir moi-même aux renseignements, je verrai Florestan, j'aurai des détails!...
Et sans attendre la réponse du docteur il s'élança dans sa chambre à coucher.
Il avait laissé la porte ouverte, et tout en se dépêchant de changer de vêtements, il continuait à s'adresser, d'une pièce à l'autre, à son ami Hortebize.
—Ce coup ne serait rien, poursuivait-il, si je n'avais à m'occuper que de Croisenois. Mais je songe à Paul. L'affaire de Champdoce ne peut souffrir aucun délai... Et Catenac, ce traître qui a mis Perpignan et le duc en rapport! Il faut que je voie Perpignan, que je sache au juste ce qu'on lui a dit de l'affaire et ce qu'il en a deviné... J'ai à voir Caroline Schimel aussi, à lui arracher le dernier mot de l'énigme! Ah! le temps! le temps!
Il était prêt, il attira le docteur jusqu'au milieu de sa chambre à coucher.
—Je file, lui dit-il; toi, ne laisse pas Paul. Nous ne sommes pas encore assez sûrs de lui pour le laisser se promener avec notre secret. Mène-le dîner chez Martin-Rigal, et trouve un prétexte pour lui offrir l'hospitalité cette nuit... Allons, à demain.