M. de Breulh se dirigea vers l'escalier, et Mme Poileveu demeura sur le seuil, la bouche ouverte jusqu'au gosier, aussi immobile que la femme de Loth après sa cristallisation.

—Voilà une histoire, pensa-t-elle. On vient voir M. André en grand tralala à cette heure. Quel genre. Un garçon qui n'a l'air de rien du tout... Il y a bien quatre jours que Poileveu n'a pas fait son ménage, et il ne s'est seulement pas plaint!... Ah!... mais cela ne peut durer ainsi. Un artiste qui a des connaissances comme ça, on le soigne!... Lui qui est bon enfant, il est capable de nous faire avoir un bureau de tabac!... Mais quel peut être ce grand personnage?

Sur cette réflexion, elle rentra poser son balai derrière la porte, décidée à revenir, selon son expression, tirer les vers du nez des domestiques.

Pendant ce temps, M. de Breulh-Faverlay montait lentement, et en homme qui ménage sa respiration, le raide escalier.

Il était arrivé au dernier étage et allait frapper à la porte sur laquelle il lisait le nom de André, quand, au bruit d'un pas jeune et leste, derrière lui, il se retourna.

Il était sur l'étroit palier, face à face avec un jeune homme, grand et très brun, vêtu d'une de ces longues blouses blanches comme en portent les ornemanistes à leur travail. Il tenait à la main un grand broc de zinc, qu'il venait de remplir d'eau au réservoir de la maison.

—Monsieur André? demanda M. de Breulh.

—C'est moi, monsieur...