André gardant toujours le silence, M. de Breulh eut un triste sourire.
—J'ajouterai, reprit-il, pour dissiper tous vos soupçons, que hier, sur la prière de Mlle Sabine, j'ai retiré la demande que j'avais faite de sa main.
Aux explications de ce galant homme, reconnaissant si noblement ses torts, André avait senti, peu à peu, sa colère se dissiper.
—Je ne saurais trop vous remercier, monsieur, commença-t-il...
—Oh!... interrompit vivement M. de Breulh, on ne doit pas de remercîments à qui n'a fait que strictement son devoir... Je mentirais en vous disant que je n'ai pas été douloureusement surpris... Mais enfin, ce que j'ai fait, vous l'eussiez fait à ma place.
—C'est vrai, monsieur.
—Et nous sommes amis, maintenant, n'est-ce pas?... dit M. de Breulh en tendant la main.
Ce n'est pas sans une violente émotion que André serra cette main loyale qui lui était tendue.
—Oui, amis, balbutia-t-il, amis!...
M. de Breulh devait croire que tout était oublié.