Mais tandis que l'ex-chef mal servi par d'horribles drôles n'avait jamais réussi à pénétrer le mystère de l'agence de placement, B. Mascarot, admirablement secondé par ses volontaires, n'ignorait rien des affaires du directeur du bureau des renseignements.

B. Mascarot, par exemple, avait tout de suite vu que les revenus de l'espionnage privé ne pouvaient suffire aux dépenses de Perpignan.

Car Perpignan mène grandement et largement la vie. Si son établissement n'est guère dispendieux, il paye en ville le loyer d'un ménage qui doit lui revenir furieusement cher, et il a une voiture au mois.

Il prétend de plus avoir des «goûts d'artiste». Ces goûts, pour lui, consistent à porter des gilets mirifiques et à se couvrir de bijouterie. Il avoue son faible pour la bonne chère, ne saurait dîner sans vins fins, et fait volontiers un doigt de cour à la dame de pique.

Enfin, il aime à se produire, s'exhiber, s'étaler. On le rencontre aux courses et au bois: il fréquente les grands restaurants et recherche les premières représentations.

Où prend-il de l'argent? s'était dit B. Mascarot.

Et le digne placeur avait cherché et il avait trouvé.

—C'est par là que nous le tenons, pensait le bon Tantaine, et c'est en vérité fort heureux pour nous. Perpignan est un dangereux coquin, sans foi ni loi, trop taré pour rien craindre, mais les perspectives d'un voyage de santé à Cayenne le tiendront toujours en respect. Au pis aller, si Catenac a eu la langue trop longue, on lui découpera une petite part dans le gâteau.

Le vieux clerc était arrivé à la porte de l'ancien cuisinier, porte historiée de toutes sortes de plaques, il sonna.

Une grosse femme à l'air affreusement commun, vint lui ouvrir.