—Parbleu!... Ainsi, ne vous gênez pas avec moi. Est-il là-bas?

—Je le crois.

—Merci. Je l'y rejoins.

Et saluant assez peu poliment, contre son habitude, l'affreuse mégère, le bon Tantaine tourna les talons.

—Voilà, grondait-il, un désagréable contre-temps, une course d'une lieue!... merci!... D'un autre côté, cependant, pris à l'improviste au milieu de ses honnêtes occupations, le gaillard, n'étant pas sur ses gardes, sera plus bavard et plus coulant. Marchons donc.

Il ne marchait pas, il courait avec une agilité qu'on n'eût jamais attendue de ses maigres jambes.

C'est avec une vitesse double de celle d'un fiacre à l'heure, qu'après avoir suivi la rue de Tournon et traversé diagonalement le Luxembourg, il se lança dans la rue Gay-Lussac.

Toujours du même train, il suivi la rue des Feuillantines, remonta l'espace de cent pas, la rue Mouffetard, et enfin s'élança dans les ruelles qui s'enlacent et se croisent entre la manufacture des Gobelins et l'hôpital de Lourcine.

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens.

On se croirait à mille lieues du boulevard Montmartre, quand on loge ces rue—il faudrait dire ces chemins—inaccessibles aux voitures, où s'élèvent de loin en loin des masures inhabitables et pourtant habitées, bordées presque partout de murs qui tombent en ruines.