—C'est la vérité pure, parole sacrée!... Je ne sais si le bonhomme avait lu dans mon œil ma déconvenue et mes hésitations, toujours est-il qu'il refusa net de s'expliquer plus clairement sur le moment.
Peut-être n'était-il venu ce jour-là que pour prendre une consultation.
«Une affaire comme celle-ci, me dit-il, mérite qu'on réfléchisse, qu'on se consulte. Elle est d'autant plus épineuse et délicate, que toutes les recherches doivent être faites dans le plus profond secret. Il ne faut songer ni à réclamer l'aide de la police ni à employer la publicité des journaux.»
Je pensai que le vieux avait surtout besoin d'être rassuré, et je me mis à lui expliquer que mon établissement est avant tout le tombeau des secrets.
Il me répondit simplement qu'il le croyait bien. Puis, après m'avoir prié de lui rédiger un projet d'investigations que je remettrais à Me Catenac, il me déclara qu'il ne voulait pas abuser de mon temps pour rien, et il tira de son portefeuille un billet de 500 francs qu'il déposa sur ma table.
Je le repoussai, quoiqu'il m'en coûtât. C'était trop ou pas assez, et j'espérais mieux pour plus tard.
Mais il insista, m'affirmant que nous nous reverrions, et m'annonçant qu'en attendant j'aurais affaire à son avocat, Me Catenac.
Sur quoi, il se leva et sortit, me laissant bien moins occupé de ses recherches qu'intrigué à son sujet.
Voilà tout!...
Il était clair pour le père Tantaine que l'ex-cuisinier disait la vérité. Cependant, comme il omettait un point essentiel: