—Quoi!... lui demanda-t-il, vous n'avez pas cherché à savoir qui est ce vieillard qui avait recours à un travestissement.
Pendant un moment, Perpignan parut se consulter. Mais il comprit vite qu'avec un homme aussi bien renseigné que l'envoyé de B. Mascarot, les réticences étaient puériles.
—Si!... répondit-il. Mon client était encore dans les escaliers que déjà j'avais passé une blouse, puis une casquette, et que je m'élançais sur ses traces. Arrivé dans la rue, je le vis à dix pas en avant. Je le suivis, et bientôt je le vis entrer, comme chez lui, dans un des beaux hôtels de la rue de Varennes.
C'était bien cela, et cette franchise devait aller au cœur du vieux clerc d'huissier.
—Et votre client était bien chez lui, interrompit-il, vous aviez eu l'honneur de donner une consultation au duc de Champdoce en personne.
—Vous l'avez dit. J'ai dans ma clientèle le duc de Champdoce, ce qui est, j'ose le dire, un peu flatteur. Seulement, je veux être étranglé par le diable, après avoir failli l'être par vous, si je devine comment vous avez découvert tout cela.
—Oh!... répondit modestement Tantaine, le hasard est si grand!... Mais ce que je n'aperçois pas, c'est le trait d'union entre le duc et Caroline.
L'ancien cuisinier eut une grimace narquoise.
—Vraiment!... fit-il. Alors pourquoi la faites-vous suivre?... Mes raisons, à moi, sont fort simples. Comme bien vous pensez, j'ai pris sur le duc de Champdoce tous les renseignements à ma portée. C'est, m'a-t-on dit, un très grand seigneur immensément riche et de mœurs très austères. Il est marié et vit très bien avec sa femme. Ils avaient un fils unique, ils l'ont perdu l'an passé, et depuis cette mort, ils sont inconsolables.
Alors, je me suis dit ceci: