On a beau être duc, on est homme. M. de Champdoce, dans sa jeunesse, aura eu, de quelque goton, un enfant qu'on aura porté à l'hospice et qu'on aura oublié.
Son héritier légitime étant mort, n'ayant personne à qui léguer sa fortune et son nom, le duc s'est souvenu, du fils de la goton, qui après tout est le sien, et il voudrait le retrouver.
Que pensez-vous de la conclusion?...
—Elle me semble logique, mais elle ne me dit rien de vos vues sur Caroline Schimel!...
Il est sûr que Perpignan était loin d'être de la force du doux émissaire de B. Mascarot. Mais il n'était point assez simple pour ne pas sentir qu'il subissait un interrogatoire en règle.
S'il ne se révoltait pas, lui si arrogant, c'est qu'il n'avait que trop conscience de sa dépendance absolue.
D'ailleurs, la confession une fois commencée, autant la faire entière et sincère. Enfin, au bout de toutes ces questions, il pressentait, il entrevoyait quelque proposition avantageuse.
—Vous devez penser, cher monsieur Tantaine, reprit-il, que, mon opinion, une fois arrêtée sur le mobile du duc de Champdoce, mon premier soin a été de m'enquérir de son passé. Je n'avais pas la prétention de remonter jusqu'à la mère de l'enfant, mais j'espérais fort recueillir sur elle quelques détails biographiques. Je regrette de l'avouer, mes investigations sont restées absolument infructueuses.
—Quoi!... avec tous les éléments que vous possédez!...
—Raillez-moi, c'est ainsi. Des trente domestiques qui emplissent les antichambres, les cuisines et les écuries de l'hôtel de Champdoce, il n'en est pas un qui soit dans la maison depuis plus de douze ans. Où sont allés ceux qui servaient le duc quand il était jeune? Je n'ai pu les retrouver.