Le domestique obéit, non sans quelques observations encore, et ouvrit à André la porte d'une pièce immense, fort richement décorée, au milieu de laquelle l'entrepreneur gesticulait furieusement, armé du montant d'une chaise dont les débris étaient à ses pieds.
A soixante ans passés, M. Gaudelu peut, hardiment, ne s'en laisser donner que cinquante.
C'est une manière d'Hercule limousin, au torse noueux, aux épaules carrées, à la main velue, plus large qu'une épaule de mouton, gros, grand, large, travaillé par le sang, gêné dans ses paletots doublés de satin, et paraissant toujours regretter la libre blouse de ses jeunes années.
Est-il fier ou importuné de cette idée qu'il peut aligner trois millions, peut-être quatre? Le discerner est malaisé.
Il a le droit, en tout cas, de parler de sa fortune. Elle a deux nobles origines: le travail et l'économie. Ses envieux, en remontant jusqu'à la source, c'est-à-dire jusqu'à la première pièce de cinq francs portée à la caisse d'épargne, ne réussiraient pas à trouver une tache de boue.
Cependant il ne fait pas sonner haut ses écus. Il aime bien mieux parler de ce bon temps où il était si malheureux, et où il escaladait les échelles, pliant sous le faix d'une «truellée gâchée serrée».
Pour grossier, il l'est autant que du pain d'orge, et vulgaire, et brutal, et violent plus que la poudre, et mal élevé. Seulement...
Seulement, sous cette rude enveloppe, se cachent, comme le diamant sous sa gangue, les plus nobles et les plus généreux sentiments et une probité intacte.
Il jure comme un païen, c'est vrai; il fait des cuirs, c'est incontestable: il tire toutes ses comparaisons du «bâtiment», c'est ridicule. Mais il est bon, mais il n'a jamais refusé un service, mais il comprend toutes les délicatesses. Il a les mains caleuses, mais non le cœur.
Dès que la porte s'ouvrit: