—Quel est, s'écria-t-il, le jean-sucre!...—Il disait: jean, mais non pas: sucre.—Quel est le jean-sucre qui se permet de venir me déranger.

—Vous m'aviez donné rendez-vous, monsieur, commença André.

Le jeune peintre ornemaniste avait bien fait d'insister pour entrer; il s'en aperçut vite.

En le reconnaissant, le front de l'entrepreneur se dérida.

—Ah! c'est vous, dit-il d'une voix subitement radoucie; venez, jeune homme, votre visite ne pouvait mieux tomber; vous voir me plaît. Entrez, et asseyez-vous... s'il y a encore une chaise d'aplomb.

Le domestique avait eu raison d'affirmer que son maître venait d'avoir une crise terrible. Il n'y avait pour ainsi dire pas un meuble du cabinet qui fut intact. La garniture même de la cheminée était à terre.

—Je vous aime, moi, poursuivait M. Gandelu, qui ne lâchait toujours pas son montant de chaise, parce que vous êtes solide et franc comme un bloc de liais. Je vous aime, parce que vous avez du cœur, de l'honneur, vous, et l'envie de bien faire; parce que vous ne boudez pas au travail...

—En vérité, monsieur...

—Ne rougissez pas comme une mariée, jeune homme, quoique ce soit beau aussi d'être modeste. Je vous ai toisé et cubé, moi, du premier coup d'œil? Est-ce que Jean Lantier, votre patron et mon ami, ne m'a pas conté votre histoire? Est-ce qu'on ne sait pas que vous vous êtes fait tout seul, à la force du poignet?...

—Oh!... monsieur, je dois ce que je sais à Jean Lantier.