Certes, elle avait bien des chances pour elle.
A dix-huit ans qu'elle allait avoir, Mlle Diane passait pour une des plus belles personnes du Poitou, et c'était justice.
Elle était assez grande et très blonde. Son teint blanc et uni avait un éclat sans pareil, sa chevelure lumineuse était abondante jusqu'à l'importuner; on ne résistait pas au charme de son sourire.
En elle, cependant, quelque chose eût inquiété un observateur.
Ses yeux, dès qu'elle s'oubliait à ses secrètes pensées, brillaient d'un feu sombre et trahissaient l'ambition et l'énergie qui faisaient le fond de son caractère.
Elle avait été élevée dans une communauté de Niort, où ses parents souhaitaient qu'elle prît le voile.
Ils venaient de la rappeler près d'eux sur ses prières réitérées d'abord, puis sur la demande de la supérieure, singulièrement embarrassée et inquiète d'une pensionnaire qui sans cesse menaçait de s'enfuir en escaladant les murs de la communauté, et dont l'indépendance était du plus fâcheux exemple.
Son père était fort riche, mais elle avait un frère plus âgé qu'elle de dix ans, et le vieux gentilhomme ne se gênait pas pour déclarer qu'il laisserait tout son bien à l'héritier du nom.
Pour sa fille, sa paternelle munificence allait jusqu'à promettre, si elle se mariait jamais, le trousseau, quarante mille francs comptant, et pas un sou avec.
—Ainsi, ma pauvre enfant, disait-il au retour de Diane, à toi d'aller avec tes armes, c'est-à-dire tes beaux yeux, à la chasse au mari. Mais, si avisée que tu sois, tu risques fort de revenir bredouille.