Bercée avec cette idée qu'elle serait déshéritée au profit de son frère, Mlle de Sauvebourg en avait pris gaîment son parti.
—Laisse-moi du moins essayer, cher père, répondit-elle. Si j'échoue, eh bien! il sera toujours temps de m'emprisonner, et j'aurai, en tout cas, passé près de toi, que j'aime tant, quelques bonnes années.
—A ton aise, ma fille, essaye, tu verras.
M. de Sauvebourg avait autrefois blâmé très énergiquement la conduite de M. de Champdoce, lequel, à l'entendre, sacrifiait son fils.
Sacrifier sa fille lui paraissait tout naturel.
Je réussirai, répétait l'entêtée, j'en suis sûre.
Mlle Diane était dans ces honnêtes dispositions, quand pour la première fois elle entendit parler du «sauvage de Champdoce».
Un ami de son père venait d'énumérer devant elle les grandes espérances de ce malheureux jeune homme.
—Pourquoi ne serait-il pas mon mari! se dit-elle.
Dès le lendemain, avec la merveilleuse finesse des femmes en pareille occasion, elle alla aux renseignements. Ils furent brillants et tels qu'elle osait à peine les rêver. Elle se mit à étudier le fort et le faible de la situation.