Il s'était assis tristement sur le rebord du fossé, et son chien Bruno était couché à ses pieds.
Au moment où Mlle de Sauvebourg arrivait au coin du bois de Bivron d'où on apercevait le sentier, le bel épagneul la devina. Il se dressa, aboya joyeusement et s'élança vers elle.
Il n'y avait pas à hésiter, elle avança rapidement.
Tiré à l'improviste de ses rêveries, d'un bond Norbert se releva.
Mais si prompt que fut son mouvement, il lui prit dix secondes, et quand il sauta sur le sentier, il se trouva en face de Mlle de Sauvebourg.
Ils devinrent fort rouges tous deux, elle plus encore que lui, toute bouleversée de cette idée que peut-être elle avait été surprise se cachant pour observer.
Pendant un moment, ils restèrent immobiles l'un devant l'autre, silencieux, affreusement troublés, si rapprochés que leur haleine se confondait presque.
Instinctivement, ils baissaient les yeux, chacun redoutant que l'autre y pût lire les secrets de sa pensée.
Le cœur de Norbert battait à rompre sa poitrine, sa raison s'égarait.