—C'est bien, dit-il, mademoiselle vous excuse; Président, continuez.
—Ce sera donc pour vous obéir, monsieur le marquis.
—Oui, vous m'obligerez.
Dauman attendit quelques secondes une objection de Mlle Diane; elle se taisait, il reprit:
—Pour lors, je me disais: voici des jeunes gens dont les désirs sont naturels, raisonnables, juste même, et qui vont avoir à lutter contre les volontés de leurs familles. Jeunes, sans expérience, ignorant jusqu'aux dispositions du Code, ils seront infailliblement vaincus. Pourquoi ne me mettrais-je pas de leur côté? Mes conseils rétabliraient l'égalité de la partie. Car je connais la loi, moi, je l'ai étudiée, analysée; j'en ai surpris le fort et le faible; je sais comment on l'attaque et comment on la tourne.
Et pendant un bon moment encore, du ton le plus emphatique, il célébra son éloge, soit qu'il ne pût se défaire de cette habitude qu'ont les finauds de campagne d'étourdir leurs victimes de flots d'éloquence, soit qu'il voulût laisser à Mlle Diane ni à Norbert le loisir de la réflexion.
Il affectait en tous cas de ne pas les regarder, de ne point remarquer que debout, dans l'embrasure de la fenêtre, ils se consultaient à voix basse.
—Pourquoi ne pas nous confier à lui? disait Norbert, il a l'expérience pour lui, on vient le consulter de trois lieues à la ronde, dans les cas difficiles.
—Quoi! lui livrer notre secret!
—Ne l'a-t-il pas surpris?