Cependant, il voulut tenter l'impossible.

—Non, mon père, commença-t-il, ce n'est pas par caprice que je vous conjure de me laisser ma liberté. N'ai-je pas toujours été un bon fils? Vous l'avez reconnu vous-même. Ai-je parfois discuté vos ordres! Vous me disiez: «Fais ceci,» je le faisais; «Va là,» j'y allais. Je suis le fils de l'homme le plus riche du pays, j'ai vécu comme le fils de nos ouvriers, me suis-je plaint? M'est-il arrivé de laisser échapper un murmure quand je travaillais à la terre à côté de nos valets de charrue? Commandez-moi ce qu'il vous plaira...

—Je vous commande d'épouser Mlle de Puymandour.

—Oh! tout, hormis cela. Je ne l'aime pas, je ne saurais l'aimer, je le sens, je le sais. Voulez-vous donc faire le malheur de ma vie entière? Par pitié! n'exigez pas cela de moi.

—J'ai dit, vous obéirez.

Autant eût valu prier un des blocs de chêne qui se trouvaient dans la salle.

Norbert le sentit, et se redressant, enragé de l'inutilité de sa tentative:

—Eh bien!... non, dit-il, je n'obéirai pas!

Répondre ainsi était de sa part de l'héroïsme.

Il connaissait son père et savait quelle épouvantable colère allait éclater.