—D'ailleurs, pensait le vieux gentilhomme, pour refuser si obstinément celle que je lui propose, il faut qu'il en aime une autre.
Mais quelle était cette femme, et comment la découvrir?
Demander à Norbert de la nommer, c'eût été folie, M. de Champdoce le comprit.
D'un autre côté, courir aux informations, ouvrir en quelque sorte une enquête lui répugnait formellement.
Une partie de sa nuit s'était passée à examiner et a rejeter les expédients qui se présentaient à son esprit, lorsqu'au matin une inspiration lui vint, qu'il jugea une faveur divine.
—J'ai Bruno! s'écria-t-il, j'ai le chien de Norbert. Par lui, je puis savoir les habitudes de mon fils, les maisons qu'il hante, arriver jusqu'à la femme que je soupçonne...
Ce système d'investigation était excellent.
Il avait observé que depuis la fermeture de la chasse Norbert ne quittait jamais guère le château avant une ou deux heures de l'après-midi, c'était un indice; il résolut d'attendre jusque-là.
Un peu rassuré par l'espoir du succès, il était calme comme à l'ordinaire quand il parut pour donner ses ordres. A midi comme d'ordinaire il se mit à table et fit monter le dîner du prisonnier en ordonnant une surveillance plus sévère que jamais.
Enfin, le moment favorable pour l'expédition était arrivé.