Il siffla Bruno, lequel habituellement ne le suivait pas volontiers, et, à force de caresses et d'agaceries, il parvint à l'entraîner jusqu'à l'extrémité de la grande allée de marronniers. C'était de ce côté que passait toujours Norbert.
Au bout de cette allée se trouvaient trois chemins s'éloignant dans diverses directions.
L'épagneul n'hésita pas. Il se lança sur celui de gauche, un chien qui sait parfaitement où il doit se rendre. Il ne le savait que trop.
Pendant un kilomètre environ il suivit le chemin, puis arrivé à un certain endroit, il se jeta brusquement dans les bois de droite, ainsi que son maître avait coutume de le faire.
Il allait, battant les taillis de droite et de gauche, mais il ne perdait jamais la direction, et M. de Champdoce n'avait aucune peine à le suivre.
Cette marche dura bien quarante minutes, et enfin Bruno déboucha sur le sentier de Bivron, à l'endroit précis où Norbert avait failli tuer Mlle de Sauvebourg.
Là, il commença par quêter en cercle, et ne trouvant rien il s'assit. Son œil intelligent semblait dire: attendons.
—Évidemment, pensa le duc, c'est ici que mes amoureux se rencontrent.
Il examina l'endroit, et il lui parut habilement choisi.
Le sentier, peu fréquenté, aboutissait des deux côtés à un village, le bois offrait une retraite sûre, enfin, grâce à la situation élevée, on pouvait apercevoir de loin le danger, c'est-à-dire un indiscret.