Cette dernière réflexion engagea M. de Champdoce à se cacher promptement.
Il était clair que si celle qui allait arriver au rendez-vous l'apercevait d'en bas, elle rebrousserait chemin au plus vite, et qu'il ne saurait rien.
Il rentra donc dans le bois et alla s'asseoir sur une couche moussue, au pied d'un bouquet de chênes.
La presque certitude du succès le mettait en belle humeur, et il s'applaudissait de sa pénétration.
A la réflexion le danger lui paraissait moins grand qu'il ne l'avait imaginé tout d'abord. De qui Norbert pouvait-il être épris? De quelque petite campagnarde ambitieuse et futée qui, jugeant ce garçon naïf et du bois dont on fait les dupes, avait conçu le projet de se faire épouser.
S'en défaire n'était qu'un jeu pour lui.
D'abord, il comptait l'effrayer si bien, que d'elle-même elle prêcherait la soumission à Norbert. Au pis aller, il s'adresserait aux parents, qui, sur sa seule injonction, éloigneraient leur fille.
Il soupçonnait quelque accroc à la réputation; mais, décidé à payer le dégât, il ne s'en inquiétait nullement.
M. de Champdoce en était là de ses réflexions lorsqu'il entendit japper joyeusement, en chien qui salue une personne amie.
—Ah! fit-il en se dressant, la voici!