—Quoi?
—Eh!... le sais-je moi! c'est vous qui devez le savoir. Que faire? Parlez; je suis prête à tout, puisque je n'ai plus rien à perdre. Non, il ne sera pas dit que ce duc de Champdoce m'aura humiliée, le lâche, et que je ne me suis pas vengée. Vous plaît-il de m'aider?...
Le «Président» semblait tout effrayé de la violence de sa cliente.
—De grâce, mademoiselle, interrompit-il, calmez-vous, parlez plus bas... Ah! vous ne connaissez pas M. de Champdoce, on le voit bien...
—C'est-à-dire que vous en avez peur!...
—Oui, mademoiselle, grand'peur, je n'en rougis pas. Ah! quel homme!... Quand il en veut à quelqu'un, il est capable de tout. Savez-vous qu'il a essayé de me faire casser le cou, à moi qui vous parle, pour me punir de l'avoir cité devant monsieur le juge de paix—il retira son bonnet—au nom d'un de mes clients! Aussi, quand on vient me trouver pour une affaire contre lui... serviteur.
Depuis ce jour où elle avait osé donner rendez-vous à Norbert chez Dauman, Mlle Diane avait revu et consulté souvent ce dangereux personnage, et en toute occasion, elle l'avait trouvé dévoué à ses projets, lui prêchant confiance et courage.
Elle devait donc être surprise et indignée du brusque revirement du «Président,» ne devinant pas sa manœuvre,—toujours la même pourtant.
—En d'autres termes, reprit-elle avec l'accent du plus profond mépris, après nous avoir poussés à nous compromettre, vous nous abandonnez au dernier moment.
—Oh!... mademoiselle, pouvez-vous croire...