Tout ce qu'avait pu dire M. le duc de Champdoce de la soif d'anoblissement qui ardait M. de Puymandour et tout ce qu'il pensait encore était bien au-dessous de la triste et bouffonne réalité.

Pauvre homme!

Il était heureux autrefois, quand le nom de Palouzat, qui était le nom de son père, un honnête homme, suffisait à son ambition.

Alors, il avait une importance incontestable.

Ses grands revenus le plaçaient à cent piques des hobereaux envieux et besoigneux qui faisaient la cour à ses écus.

On respectait en lui l'homme qui avait su amasser honnêtement une immense fortune.

On l'estimait et on l'aimait pour ses qualités sérieuses, sa délicatesse et la sûreté de ses relations. Personne ne songeait à lui contester un rare bon sens, et même un esprit dont les saillies méridionales ne manquaient pas de brillant.

Tout ce prestige s'évanouit le jour où la fatale idée lui vint de signer au bas d'une invitation à dîner: Comte de Puymandour.

De ce moment ses misères et ses tribulations commencèrent.

Entre la noblesse, qui le raillait et refusait de le reconnaître pour sien, et la bourgeoisie qui, ne voulant pas de lui, se moquait de ses prétentions, il se trouva comme un volant entre deux raquettes, renvoyé, rejeté, ballotté, bafoué.