Comme de raison ses déboires irritèrent sa manie.
On contait, en se tenant les côtes, la légende des complaisances auxquelles il se résignait, uniquement pour se faire tolérer de l'aristocratie poitevine.
Et que de mauvais compliments digérés, de camouflets empochés, de couleuvres avalées!... Dieu seul et lui en savaient le compte.
C'est dire de quelle ardeur incomparable il souhaitait le mariage de sa fille et du fils de haut et puissant seigneur Dompair duc de Champdoce.
Il avait sacrifié le tiers de sa fortune à l'honneur de cette alliance, il l'eût donné entière pour cette perspective de faire sauter sur ses genoux un vrai duc ayant dans ses veines du sang des Palouzat mêlé à celui des héros des croisades.
Puis, le mariage mettrait un terme à ses maux. Son gendre saurait bien imposer silence aux railleurs et le faire accepter.
Tout cela lui semblait si beau, qu'il s'était bien gardé d'en souffler mot à qui que ce fût. Une déconvenue eût encore ajouté à son fonds de ridicule, déjà considérable.
Il avait même poussé la prudence jusqu'à ne rien dire à sa fille. Les femmes sont si indiscrètes!
Le lendemain seulement du jour où il eut la parole définitive du duc de Champdoce, M. de Puymandour songea à prévenir sa fille.
D'obstacle, il n'en apercevait point.