De ce moment, il fut, ou du moins il se crut fixé, et le terrible poids qu'il avait sur la poitrine diminua un peu.

C'est que le chimiste qui avait fait cadeau à Dauman du «produit de son art» contenu dans le flacon de verre noir, lui en avait expliqué les propriétés, et il ne doutait pas que l'attaque d'apoplexie du duc ne fût un effet de l'intoxication.

Donc Norbert n'avait pas reculé; donc on ne pouvait le poursuivre, lui, sans poursuivre Norbert; donc il était à peu près sauvé.

C'est avec bonheur que, peu de moments plus tard, il donnait à Mlle Diane cette explication.

—M. Norbert lui dit-il, n'aura pas administré une dose assez forte; ce duc de malheur avait un tempérament de cheval; l'épanchement n'aura pas été complet. Mais rassurez-vous: cette substance ne pardonne pas; si le duc vit, il sera idiot, et notre but sera atteint quand même.

Mlle Diane réfléchissait.

—Pourquoi Norbert ne m'écrit-il pas? murmura-t-elle. Pourquoi?...

—Pourquoi? Parce qu'il est prudent, mademoiselle. Savez-vous s'il n'est pas épié? C'est un brave jeune homme qui comprend qu'il est des choses qu'on n'écrit pas. Nous n'avons plus qu'à attendre...

Ils attendirent. Mais la semaine s'écoula sans nouvelles de Norbert.

Les souffrances de Mlle de Sauvebourg étaient atroces durant ces jours, qui lui paraissaient interminables.