Mais si merveilleuse était son organisation, si résistants étaient les ressorts de son énergie, que nul, à Sauvebourg, ne se douta des tortures qui la déchiraient.
Le dimanche cependant arriva.
Levée matin, la marquise de Sauvebourg était allée à la première messe, et elle avait décidé que sa fille irait à la grande, accompagnée de sa femme de chambre.
Cet arrangement devait ravir Mlle Diane. Peut-être verrait-elle Norbert.
Hélas! non. L'office était déjà commencé quand elle arriva, et cependant le banc de la famille de Champdoce était vide.
Lentement, elle gagna sa place, et, s'agenouillant, elle essaya de lire dans son paroissien, et même s'efforça de prier; mais elle ne pouvait: son âme était trop loin de là, et c'est machinalement qu'elle suivait les mouvements des fidèles.
Cependant elle s'aperçut que le curé montait en chaire. C'était à Bivron le moment palpitant de la messe, parce que, avant le sermon, avaient lieu les publications de mariage.
Les hommes, qui jusque-là se tenaient au bas de l'église, ou même dehors, sur la place, ne manquaient pas de s'approcher, et un silence s'établissait si profond, qu'on entendait les dévotes renifler la prise de tabac qui dégage le cerveau.
Il en fut ce dimanche-là comme des autres.
Le curé, après avoir promené son regard sur l'auditoire, comme pour compter ses ouailles, se moucha largement, toussa, et enfin tirant de son bréviaire une feuille de papier, lut: