Il présentait en même temps trois épreuves d'une admirable netteté.
Longtemps le comte les examina avec la plus scrupuleuse attention, et c'est d'une voix qui trahissait son découragement, qu'il dit:
—Oui, c'est bien l'écriture de Clinchan.
Pas un des muscles de la terne figure du placeur ne trahit la joie qu'il ressentait.
—Avant tout, reprit-il, je crois indispensable de prendre connaissance de la relation de M. de Clinchan. Monsieur le comte désirerait-il la parcourir lui-même, ou veut-il que je lui en donne lecture.
—Lisez! répondit M. de Mussidan, qui plus bas ajouta: Je n'y vois plus.
Le placeur, pour obéir, traîna son fauteuil près des bougies.
—A en juger par le style, observa-t-il, M. de Clinchan doit avoir rédigé ceci le soir même de l'accident. Enfin, je commence:
«AN 1842.—26 octobre.—Aujourd'hui, de grand matin, je suis parti pour chasser avec Octave de Mussidan. Nous étions suivis du piqueur Ludovic et d'un brave garçon nommé Montlouis, que Octave dresse pour en faire son futur intendant.
«La journée promettait d'être superbe. A midi, j'avais déjà trois lièvres. Octave était d'une gaîté folle.