—J'ai réfléchi: votre cadavre me gênerait.
Croisenois avait fait le sacrifice de sa vie, mais c'était mourir deux fois que de subir les irrésolutions d'un homme en démence.
Exaspéré de l'effort qu'il avait dû faire, il lui saisit le bras, et le serrant rudement:
—Il faut que ceci finisse, monsieur, dit-il, ma patience à des bornes. Que voulez-vous enfin!...
—Je veux vous tuer!... s'écria Norbert avec un tel accent de haine et de rage, que Georges en frissonna, mais non pas avec une balle que je ne sentirais pas entrer...
Il se dégagea, se recula, et, avec une violence inouïe, poursuivit:
—Je prétends vous tuer utilement pour mon honneur. On dit que le sang lave la boue... C'est faux. Quand j'exprimerais tout le vôtre, jusqu'à la dernière goutte, sur la tache que vous venez de faire à mon blason, elle ne serait pas effacée. Il faut qu'un de nous deux disparaisse, de telle sorte que jamais on ne puisse retrouver sa trace... qu'il soit comme englouti.
—Eh!... monsieur, trouvez le moyen.
Norbert parut réfléchir.
—Je l'aurais, ce moyen, murmura-t-il, si j'étais sûr que personne au monde ne sait... ne se doute... que vous êtes ici.