Un chiffonnier dans un autre genre est l'EMPLOYÉ COLLECTIONNEUR.

Les lauriers de MM. Dusommerard et Sauvageot ont troublé les idées de ce brave homme.

Il a entendu dire qu'une collection d'objets, de quelque nature qu'ils soient, peut acquérir une grande valeur; depuis lors il collectionne.

Il s'est condamné à recueillir les flacons, les fioles et les pots de pommade.

Ce bureaucrate inoffensif arrive tous les matins harassé au ministère; il a fouillé avant de venir les boutiques des innombrables Auvergnats adonnés au commerce des détritus de Paris. Il dort la moitié du jour, rêvant de pots et de fioles chimériques.

Il est décidé, lorsque sa collection atteindra le numéro d'ordre 50,000, à en faire présent à l'État; il espère en obtenir en retour un magnifique local au Louvre, vingt mille francs d'appointements, et le titre de Directeur du musée des Pots de pommade.

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L'EMPLOYÉ QUI FRÉQUENTE LES THÉATRES est un être tout à fait assommant. Sa conversation est un habit d'arlequin cousu des pièces qu'il a vu jouer; il a la spécialité des imitations, comme Brasseur.

Jadis le gnouf-gnouf de Grassot l'avait enthousiasmé, il a dit «mon dieur-je!» comme Lassagne, et «mordious!» comme M. Mélingue.

Aujourd'hui il se mouche comme Paulin Ménier dans la Fille du
Paysan
, il éternue comme Got dans les Effrontés, il remue les
jambes comme Dupuis dans la Grande Duchesse, et les bras comme
Raynard dans les Chevaliers du Pince-nez.