Enfin la généreuse pensée de déconcerter à tout jamais le népotisme et de substituer le règne du mérite au régime de la faveur.
Pour cette dernière raison sans doute, on est facilement admis à subir l'examen, pourvu que l'on soit chaudement appuyé par trois ou quatre grands personnages.
Caldas avait déjà légèrement préparé les trois premiers numéros du programme qui comprend quarante-sept numéros, lorsqu'il reçut l'avis de se rendre au ministère pour y subir les épreuves écrites et orales.
Il s'y rendit fort inquiet. Les matières sur lesquelles il fallait répondre sont nombreuses et variées.
On demande aux candidats: une page d'écriture, un problème de trigonométrie, une dictée sur les difficultés les plus ardues de la langue française, une dissertation sur une question de statistique, et la géographie postale de la France.
C'est dans la salle des archives que l'examen a lieu.
Lorsque Caldas y pénétra, cent cinquante à deux cents concurrents l'y avaient déjà devancé; il en vint encore près du double après lui.
Tout ce monde s'asseyait en silence, et des garçons de bureau donnaient à chacun une plume, une écritoire et un cahier de papier blanc.
Modestement placé près de la porte, Caldas considérait cette singulière assemblée. Il était venu des candidats de toutes les paroisses: il y en avait de très-jeunes qui n'avaient pas encore de barbe, et de très-vieux qui n'avaient plus de cheveux; des gens d'une mise soignée, et des pauvres diables presque en haillons.
A un moment le silence fut troublé; les élèves de la pension Labadens, qui prépare à tous les ministères (Trente ans de succès.—On traite à forfait), venaient de faire leur entrée.