Ces jeunes élèves portaient l'uniforme des lycées et empestaient la pipe et l'absinthe.
L'un d'eux vint s'asseoir à la gauche de Caldas; déjà il avait à sa droite un vieillard sexagénaire dont les yeux s'abritaient derrière des lunettes vertes.
—Tous ces gens-là, pensait Caldas, ont pourtant un protecteur. Ils ont eu une signature illustre. Comment, par quels ressorts, par quels moyens?… Quelles ont été leurs influences? Sont-ils dans la manche d'une jolie femme, d'une chambrière, d'un perruquier ou d'un confesseur? Ce serait, en vérité, une curieuse statistique.
Dix heures sonnèrent. On ferma les portes.
Un monsieur très-décoré, qui occupait au fond de la salle un fauteuil placé sur une estrade, semblait présider l'assemblée.
Ce monsieur se leva et prononça à peu près ce petit discours:
«—Je ne vous cacherai pas, jeunes candidats, les horribles difficultés de cet examen; vous n'aurez cependant à répondre qu'à des questions d'une extrême simplicité. La plus rigoureuse sévérité présidera à la correction des compositions; les examinateurs seront d'ailleurs aussi indulgents que possible. Rendons tous grâce à Son Excellence Monsieur le Ministre.»
L'examen commença. Il y eut une question qui embarrassa bien Caldas.
C'était un problème ainsi posé:
«Dire l'influence de la statistique sur la durée moyenne de la vie des hommes depuis dix ans.»